vendredi 26 avril 2019

Punta Serpeddi, 6+6 Isole, Monte Pellegrino


L’Italia del Grand Tour permet sur quatre ans de visiter toutes les régions d’Italie à vélo : le centre-nord avec la 1001 Miglia, le sud avec la 999 Miglia de Rome et les Alpes avec l’Alpi 4000 de Bormio. La dernière épreuve, la 6+6 Isole, propose deux randonnées de 600 km en Sardaigne et en Sicile, séparées par une nuit de bateau entre Cagliari et Palerme. J’étais impatient de terminer ce challenge, démarré en 2016, afin de conquérir le titre ô combien prestigieux de Grand Randonneur d’Italia.

J’avais en 2014 traversé la Sardaigne du nord au sud, en grimpant bien sûr les BIG au passage, à l’exception de la punta Serpeddi, qu’après une tentative avortée j’avais jugée trop chaotique pour un vélo de route. L’occasion était belle de combler cette lacune et j’avais donc pris soin avant mon départ de réserver un VTT de location.

J’établis rapidement le programme de mon mini-séjour en Sardaigne : départ en train de Nice vers Toulon le dimanche pour un embarquement le soir, liaison en vélo de Porto Torres à Sassari le lundi matin, train jusqu’à Cagliari l’après-midi pour une arrivée à Quartu Sant’Elena en début de soirée, après quelques kilomètres de vélo depuis la gare. Le lendemain mardi, ascension de la punta Serpeddi, avant une journée du mercredi consacrée aux formalités d’inscription et au repos avant le départ du soir.

Au moment du départ, une petite anicroche commença à bousculer mes plans.Tous les trains étaient supprimés pour travaux ce week-end là, entre Cannes et les Arcs. Les informations contradictoires que j’avais pu avoir à la gare n’ayant pas levé mes doutes quant à un arrêt total sur le tronçon Nice-Marseille, je partis le lendemain matin, dès que je fus prêt, pour me laisser le temps d’effectuer le trajet entier à vélo le cas échéant. Mais les trains allaient bien jusqu’à Cannes, et après avoir pédalé jusqu’aux Arcs, je pus prendre un train pour Toulon. Malgré son retard important, j’arrivai bien en avance, avec tout l’après-midi devant moi.

Alors que je me promenais vers le Mourillon pour tuer le temps, je rencontrai un quatuor de randonneurs franciliens, Guy, Mickaël, Geneviève et Vivian, qui prenaient le même bateau que moi et avec qui j’allais passer une bonne partie des jours suivants. Le reste du programme se déroula à peu près comme prévu : après nous être rendus ensemble à Sassari et pris le train, nous nous séparâmes à Cagliari, car j’avais privilégié pour mon séjour la proximité du loueur de VTT à celle du centre névralgique de la randonnée.


Le lendemain, j’échange donc mon vélo de route contre un vélo tout-terrain et pars vers la Punta Serpeddi. Le début se passe sur les routes assez plates de Quartu Sant’Elena, et ce n’est qu’au cimetière à l’entrée de Sinnai que la pente commence à se faire sensible. Plusieurs options sont possibles à la sortie de Sinnai. Un parcours part vers le nord et rejoint la piste de Dolianova, celui que j’ai pris est plutôt nord-est et rejoint celle de Burcei, les deux parcours se retrouvant juste avant la dernière rampe qui mène au sommet.


J’emprunte donc après Sinnai une petite route qui ondule entre les champs pendant cinq kilomètres. Au croisement avec la route de Tasonis, le goudron s’arrête et la piste apparaît, présentant d’abord une terre battue très facile à rouler. Au fil des kilomètres la piste se fait plus dure et parfois assez pentue. Des pourcentages très élevés se présentent juste avant l’intersection avec Burcei, mais la piste est heureusement cimentée à cet endroit. Au carrefour, la piste repart vers l’ouest, en devenant plus rude, et justifie pleinement l’utilisation du VTT. Enfin, après quelques portions plus planes, commence l’ultime rampe raide, et revêtue, jusqu’à l’antenne.

Le ciel était très menaçant depuis mon départ, avec par moments une petite pluie fine. Au sommet un bon vent est aussi de la partie. Je prends donc juste le temps nécessaire à la photo souvenir (mouillée) et à me rhabiller, puis redescends vite par le chemin pris à l’aller. Après une pause repas à Sinnai pour me réchauffer, je retourne à Quartu Sant’Elena attendre l’ouverture du loueur et récupérer mon vélo. Ça y est, j’ai grimpé tous les BIG de la Sardaigne !

Le lendemain, après avoir quitté mon appartement où tout le monde dormait (je n’aurais vu mes logeurs que quelques minutes lors de mon arrivée), je prends le chemin de l’hôtel Setar, lieu de départ de la randonnée, où Guy et Vivian se trouvaient aussi. Après les formalités, je retourne avec eux vers la villa qu’ils ont louée attendre l’heure du repas du soir et du grand départ qui sera donné en nocturne.

Enfin le moment tant attendu finit par arriver et vers 23h30 je m’élance dans la deuxième vague de randonneurs. Je me pose toujours la question dans ces épreuves de savoir quelle allure adopter. J’ai peur en allant trop vite de flancher par la suite, et en allant trop lentement de perdre du temps que je n’arriverai pas à rattraper. Toujours est-il que ce soir-là je suis plutôt pour l’option rapide et je rattrape dans le premier col pas mal de participants du premier groupe. Le col franchi, je pars dans la descente qui, avec sa pente assez douce et le fait qu’on soit de nuit, me paraît encore plus longue que la montée. Sur la portion de plat suivante, je roule à nouveau à allure rapide au sein d’un groupe, mais une crevaison de ma roue arrière met malencontreusement fin à mes velléités de performance. Après avoir réparé je repars à un rythme plus raisonnable en direction du premier contrôle, Torre di Bari, qui se trouve au bord de la mer quelques kilomètres à l’écart de la route principale. Le buffet est copieux, je me régale d’un fromage blanc au miel délicieux, que je serai heureux de retrouver de temps en temps sur le parcours.

L’étape suivante nous emmène à Dorgali, et comprend donc l’ascension du seul BIG de la randonnée (que nous ferons dans l’autre sens au retour), le Genna Silana. Comme je l’avais remarqué lors de ma précédente visite, les pourcentages de ce col (ainsi que des routes sardes dans leur ensemble) sont rarement élevés, même si je parcours cette fois-ci le versant opposé. Au croisement de Talana, je me retrouve sur une route déjà empruntée quelques années auparavant.

Après le col et la descente jusqu’à Dorgali, je repars en direction de Nuoro. La remontée vers Orgosolo est rude, sur un versant exposé au soleil. Pour ne pas être tentés de prendre un raccourci, nous étions dans l’obligation de présenter à l’issue du parcours une photo prise à Orgosolo. Les murs du village sont couverts de fresques et je suis tout content d’en trouver une représentant un compatriote, en la personne de Joseph Garibaldi.

L’accueil à Nuoro est sympathique comme toujours mais les conditions y sont assez spartiates : une esplanade avec peut-être trois chaises, pas de sanitaires, peu d’ombre, … Tant mieux, rien ne donne envie de s’attarder, je repars donc, avec Guy qui m’avait rejoint. Le passage le plus joli de cette étape est une route en corniche magnifique sur les flancs du Monte Albo, dans des paysages qui ne sont pas sans rappeler les Alpes-Maritimes. Après la descente vers Siniscola commence un tronçon un peu pénible. Nous ne sommes plus dans la montagne, mais les ondulations incessantes ne rendent pas le parcours plus facile, il y a davantage de circulation, on approche de la fin de l’après-midi et nous commençons à ressentir le fait que nous pédalons depuis la veille. Guy me dit qu’il est crevé et de ne pas l’attendre, puis il me rattrape, et c’est moi qui ai du mal à le suivre. Je le perds pour de bon à Orosei où je visite des rues bien pentues que j’aurais peut-être pu éviter, mais la traversée de cette ville ne m’a pas paru simple.

Dorgali est à nouveau l’arrivée de cette étape. La ville se trouve légèrement en altitude et la montée qui y mène s’avère un moment difficile. La nuit tombe, le sommeil commence à m’envahir, ma progression devient très laborieuse. Le passage sur quelques replats et le fait de rattraper quelques randonneurs qui me montre que certains sont encore plus usés que moi me redonne un peu d’énergie et j’arrive enfin à Dorgali où je profite sans me faire prier des couchages mis à notre disposition.

Il fait encore nuit lorsque j’attaque le versant nord du Genna Silana. Un peu reposé, je monte sans trop de problème, je suis juste un peu gêné tout en haut par un fort vent, dont je n’arrive pas à comprendre s’il est contre moi ou pour moi, il semble changer de sens à chaque instant. Je m’endors un peu dans la descente, mais continue jusqu’à Baunei. Dans le village, la vingtaine de vélos posés contre un mur me fait dire qu’il doit y avoir un café ouvert. Le patron s’affaire, un peu surpris par cet afflux matinal. Le café et les croissants me font du bien et m’amènent jusqu’à Bari Sardo, puisque les deux dernières étapes reprennent le parcours des deux premières en sens inverse.

J’y retrouve Guy, mais nous nous perdons immédiatement, la fatigue sans doute. Nous nous retrouvons cependant un peu plus loin, avec également Vivian, pour la montée du dernier col, l’Arcu e Tidu et la descente vers l’arrivée. Dans les derniers kilomètres de plat, la lassitude me fait ralentir un peu et laisser partir mes compagnons. J’arrive donc quelques minutes après eux, en ayant utilisé 39 des 40 heures allouées pour boucler le parcours. J’ai trouvé ce brevet particulièrement dur. Le fait que nous soyons partis le soir, et avons donc passé deux nuits sur le vélo, y est certainement pour quelque chose. Après une bonne douche, je parcours en groupe les quelques kilomètres jusqu’au port de Cagliari afin d’embarquer pour la Sicile. Vu l’état de fatigue dans lequel m’a laissé la Sardaigne, je ne suis pas très optimiste pour la réussite de mon brevet sicilien.

Il est agréable de profiter d’une soirée relaxante dans le bateau. Après un bon repas, je retourne dans ma cabine où j’ai la chance de passer une bonne nuit. Je me réveille juste à l’heure pour prendre un petit déjeuner sans précipitation. Lorsque le bateau accoste à Palerme, nous descendons sur nos vélos vers le lieu de départ, un hôtel du front de mer à proximité. Là, une table est placée au bord de la route, nous faisons tamponner en vitesse nos carnets de route, balançons nos affaires sur le tas à côté, et enchaînons immédiatement sur le 600 km de Sicile.

Je constate avec satisfaction que la nuit m’a fait du bien, et que je pédale bien plus facilement que la veille. Je fais toujours le cinquième mousquetaire dans le quatuor de mes amis parisiens emmené par Geneviève. Celle-ci va bon train et Guy et Vivian décident de prendre leur rythme. Personnellement je préfère profiter de mes bonnes dispositions actuelles pour faire le plus de chemin possible tant qu’elles durent, je reste donc avec elle et quelques autres randonneurs.

Geneviève a une âme de chef de troupe. Dans la montée de Termini Imerese, elle décide de faire passer le groupe par un chemin qui lui paraît meilleur que celui proposé. Je suis tout le monde dans un premier temps mais la traversée de la ville étant plus compliquée que prévu mon caractère indépendant se réveille et je décide de prendre mon destin en main. Mal m’en prend dans un premier temps, car je rate une intersection, et me retrouve séparé de la bonne route par une voie ferrée. Heureusement un passage souterrain au milieu des détritus me permet de retrouver le parcours.

La sortie de Termini Imerese marque l’entrée dans les terres. Là commence en effet l’Apennin sicilien qui va jusqu’à Messine. Pas moins de quatre BIG traversent cette chaîne montagneuse : Piano Battaglia Carbonara, Portella Femmina Morta, Portella dello Zoppo et Sella Mandrazzi. Malheureusement (ou plutôt heureusement) nous ne faisons que longer ces montagnes par leur versant sud, où ça grimpe déjà suffisamment.

Au début de la montée, une tribune étrangement située au bord de la route rappelle que la Targa Florio, une course automobile disparue, se déroulait sur ces routes le siècle dernier.Le reste de la journée se passe dans des collines verdoyantes magnifiques où le vent est omniprésent. Les montées et les descentes se succèdent. Le village de Gangi est particulièrement spectaculaire car il recouvre entièrement de ces maisons tout le sommet d’une montagne, dominé à l’arrière-plan par la silhouette imposante de l’Etna.

La route ondule autour des mille mètres d’altitude et la nuit commence à tomber. Avec le vent en plus, il ne fait pas chaud du tout et la beauté des paysages au soleil couchant en est un peu altérée. Le contrôle de Cesarò permet de nous réchauffer et de déguster des arancini bien chaudes. J’y retrouve Mickaël et Geneviève, puis Guy et Vivian arrivent. Je manque d’empressement pour attaquer la descente dans le froid et la nuit et laisse donc tout ce petit monde partir devant. Après une étape courte et descendante, j’arrive à Linguaglossa où nous sommes reçus dans un grand bâtiment, une sorte d’ancien monastère, comportant même une église dans sa partie centrale. Je dors un peu là et repars pour la deuxième partie du parcours, le retour vers Palerme qui suit intégralement le bord de mer.

Le jour se lève lorsque je traverse Nizza(!) di Sicilia. Peu après, je prends mon petit déjeuner au contrôle de Messine. Je roule ensuite seul, ou en groupe, au hasard des rencontres. Je tombe finalement sur Esteban, un habitué de ces randonnées, qui va m’accompagner, et même me soutenir sur la fin, jusqu’à l’arrivée, merci. Nous sommes rattrapés de temps en temps par de rapides groupes d’Italiens, auxquels nous emboîtons les roues histoire d’arriver plus rapidement au contrôle suivant.

Lorsque la nuit arrive, je m’aperçois que ma deuxième lampe a rendu l’âme (j’avais déjà dû récupérer celle de rechange en Sardaigne). Nous ne sommes plus très loin et Esteban se met derrière moi pour m’éclairer et m’accompagne ainsi jusqu’à l’arrivée. La circulation devient vraiment dense en approchant de Palerme, j’entends Elena qui roule devant moi dire à sa copine Laura « queste strade sono roulette russa », ce qui ne les empêche pas d’avancer à toute allure. Dans la dernière montée, à Bagheria, je jette l’éponge et laisse partir le groupe. Esteban continue de me prendre sous son aile (et dans la lumière de son phare) et nous atteignons finalement l’arrivée vers 21h. Ca y est, je suis Grand Randonneur d’Italia ! Ce deuxième brevet s’est finalement bien mieux passé que le précédent. Il faut dire qu’il était légèrement plus court et présentait un peu moins de montées. Et comme je l’ai dit, ne passer qu’une nuit sur la route au lieu de deux change beaucoup de choses.

Le San Paolo Palace est complet malgré sa taille imposante et je me retrouve devant la perspective pas très réjouissante de devoir chercher à cette heure tardive une chambre ailleurs en ville. Qu’à cela ne tienne, je rencontre Guy qui a réservé avec Vivian une chambre équipée de trois lits. On peut appeler ça de la chance.

Palerme possède son BIG, le Monte San Pellegrino, et je ne pouvais pas passer là sans le grimper. Je pars donc le lendemain matin, traverse le centre-ville et entame la montée. Les lacets sont nombreux et chaque épingle a la particularité d’être pavée, alors que le reste de la route est goudronné normalement. La vue est magnifique. On surplombe le port et on découvre tout le golfe de Palerme jusqu’au Capo Zafferano. Un passage sur le versant nord ouvre aussi de jolies vues vers le golfe de Mondello. Un sanctuaire très fréquenté se trouve en haut, et je traverse toute une rangée de boutiques de souvenirs plus ou moins religieux avant de tourner à droite pour le dernier tronçon de la montée.La route s’arrête à un parking, où une petite rampe permet d’atteindre la statue de Sainte Rosalie, patronne de Palerme.

Je profite de mon après-midi libre pour visiter la ville. Le soir je retrouve tous mes amis parisiens et repars avec eux au port d’où le bateau pour Gênes est prévu à 23 heures. Le départ ne se fait pas sans un petit peu de stress. D’abord lorsque nous sortons du restaurant, nous voyons que la grille du port juste en face a fermé. Heureusement une autre est ouverte un peu plus loin. Ensuite, Vivian met presque un quart d’heure pour retrouver ses papiers. Finalement tout s’arrange et l’embarquement se termine sereinement. Là encore, je squatte une couchette dans la cabine de mes amis parisiens, j’ai vraiment bien fait de les rencontrer à Toulon. La traversée se poursuit toute la journée du lendemain, nous longeons la Corse et passons tout près des îles de l’archipel toscan : Giglio, île d’Elbe, Pianosa, …

J’ai peu de temps lorsque nous débarquons à Gênes pour rejoindre la gare avant le passage du train pour Vintimille. C’est le moment que choisit mon GPS pour se mettre à dérailler. Je vais d’un côté, de l’autre, et les Parisiens sont tout surpris de me revoir passer devant eux alors que je venais de les quitter dans la précipitation. Finalement je trouve la gare et arrive sur le quai en même temps que le train, il était temps. A Vintimille, pour cause de travaux, le départ du train pour Nice est décalé à Menton. Je dois donc remonter sur mon vélo pour quelques kilomètres avant de prendre mon dernier train et retrouver la maison.

Plus de photos : http:/cathie.charbonnier.free.fr/piwigo/index.php?/category/154

lundi 4 février 2019

Canaries

La saison BIG a démarré tôt pour moi cette année car j’ai profité de tarifs d’avion vraiment intéressants entre Nice et Tenerife pour aller passer une semaine aux Canaries début février.

Une fois mon billet d’avion pris, il a fallu me préoccuper de louer un vélo, tracer les parcours vers les BIG, et étudier les déplacements entre les îles, puisque les six BIG des Canaries sont dispersés sur quatre îles différentes. Ce qui peut paraître comme une contrainte importune au départ m’a en fait apporté beaucoup de satisfaction, car ces déplacements d’une île à l’autre ont en quelque sorte démultiplié mon voyage en me faisant évoluer dans un environnement toujours très agréable, mais légèrement différent à chaque fois. Et ces îles étant très proches l’une de l’autre, je pouvais les apercevoir en permanence durant mes balades, ce qui m’y faisait retourner un peu par la pensée.

L’arrivée de l’avion était prévue à 16 heures, et le bateau du soir partait pour La Gomera à 19 heures. Cela paraissait jouable, avec la récupération du
vélo entre-temps, mais il ne fallait pas que l’avion soit en retard. Et je regardais l’heure avec angoisse, alors qu’il était 16 heures passé et que l’avion était encore au dessus de la Grande Canarie (dont j’ai d’ailleurs survolé le BIG, le Pico de los Pozos de las Nieves). Mais en atterrissant, j’ai vu que les Canaries avaient une heure de décalage avec Nice, puisqu’elles sont très à l’ouest, et que l’avion était en fait en avance. Je n’ai donc heureusement eu aucun problème d’horaire.

En allant chez le loueur, je m’étais dit qu’il était peut-être préférable de ne pas trop insister sur le fait que je comptais me rendre dans d’autres îles, et j’ai bien fait car quand j’ai lu le contrat en rapportant le vélo à la fin, la sortie de l’île y était bien stipulée comme interdite. Lorsqu’on me demanda mon hôtel, je montrai ma sacoche en disant que j’avais l’habitude de partir en itinérance et de me préoccuper de l’hôtel au fur et à mesure (alors que j’avais réservé un hôtel, mais à la Gomera). Quoi qu’il en soit, je récupère mon vélo, descends vers le port, et me retrouve le soir à San Sebastián de la Gomera, à pied d’œuvre pour commencer dès le lendemain matin ma collecte de BIG.

Encore soumis au décalage horaire, je me réveille très tôt et il fait encore nuit noire lorsque je me mets en route. Et quand le soleil apparaît, je m’aperçois que la brume est encore plus dense qu’à Tenerife la veille. Un panneau dans la montée m’explique même que c’est elle qui apporte aux îles l’eau dont elles ont besoin, beaucoup plus que les pluies qui sont présentées comme très rares. A tout prendre, je me dis que ce n’est pas plus mal comme ça.

Je m’étais posé de nombreuses fois la question, en préparant le parcours, de savoir si je descendrai ou non à Playa de Santiago pour parfaire ma visite de l’île, et je n’étais pas encore tout à fait fixé lorsque j’arrivai au carrefour fatidique. Mais ma préoccupation vis-à-vis du bateau du soir, et surtout mon envie de concrétiser au plus tôt ma quête de BIG, firent que je pris directement la route de l’Alto de Garajonay. L’heure à laquelle je finis mon tour l’après-midi me montra que j’aurais eu largement le temps, mais peu importe, ce sera pour la prochaine fois.

Après un passage dans la forêt, j’atteins le pied de la montée finale. Il y a un kilomètre et demi de piste dallée pour arriver à l’Alto de Garajonay. C’est sans problème avec un vélo de route, même si ça secoue un peu à la descente. J’arrive en haut, prends quelques photos souvenir et me dis avec satisfaction que je ne serai pas bredouille quoi qu’il arrive. Puis je reprends la route vers Vallehermoso, car l’île de la Gomera n’étant pas très grande, j’avais tracé un parcours qui me permettait d’en avoir un large aperçu avant de repartir.

J’avais consulté le guide touristique de l’île, et je m’étais dit qu’il était dommage de passer sans aller jeter un coup d’œil vers Valle Gran Rey. Sans vouloir descendre tout en bas, j’avais repéré un virage à mi-pente qui permettait, d’après les cartes et photos que j’avais pu voir, de jouir d’un beau point de vue sur le bas de la vallée. Mais la brume qui recouvrait l’île me faisait me demander si le détour en valait la peine. Après un ou deux kilomètres, je me dis finalement que je vais m’infliger un aller-retour peu intéressant pour un panorama décevant, et fais donc demi-tour.


A partir de là j’étais encore plus en avance pour le retour au bateau et j’ai donc pu profiter sereinement de la route nord de l’île, qui passe par Vallehermoso et Agulo, et que j’ai trouvée très jolie. A Hermigua, j’avais repéré une petite route passant par Las Nuevitas et Las Poyatas, permettant d’abandonner cinq kilomètres la route principale, et dont je me suis félicité. La dernière descente vers San Sebastián présente une succession de tunnels, mais souvent l’ancienne route est encore présente sur la gauche. Je ne l’ai pas prise pour le premier tunnel, car l’accès en est assez difficile maintenant. Au deuxième tunnel, un mur en béton m’a contraint à tout remonter au bout d’un kilomètre de descente. Heureusement au troisième tunnel, seule une petite barrière en bois a entravé mon passage.

J’avais profité l’année dernière d’un arrêt forcé dû à une fracture de la clavicule pour me plonger dans les listes du club des 100 cols (j’en parle puisqu’il paraît que le BIG et les cent cols sont amis maintenant, mais bon je ne savais pas qu’ils étaient fâchés avant J). Et j’avais donc inclus le col de Laguerode comme possible dernière montée si les horaires de bateau m’en laissaient le temps. Après une minuscule portion en terre au tout début, une jolie route asphaltée monte pendant deux kilomètres dans de très beaux paysages. Je n’ai pas regretté ce dernier détour.

Connaissant les Canaries comme une destination touristique très fréquentée, j’avais fait l’hypothèse que les possibilités d’hébergement me permettraient toujours de trouver un gîte pour le soir. Mais ça n’a pas toujours été très facile. En particulier, lorsqu’arrivé à la Gomera en fin d’après-midi j’ai cherché un hôtel pour le soir à Santa Cruz de la Palma, j’ai été désagréablement surpris. Il m’a fallu tenter plusieurs sites internet pour trouver une dernière chambre libre. De plus, le bateau arrivant à 22 heures, j’ai dû parlementer un peu au téléphone pour que l’hôtelier, qui n’avait pas l’air de sauter de joie, m’attende jusqu’à cette heure-là. Pourtant, avec un seul bateau quotidien, le cas devrait être relativement courant ?

L’unique bateau de retour décollant à 5h15, j’ai pu passer deux nuits dans le même hôtel, ce qui m’a laissé la journée entière pour parcourir La Palma. Et il la faut bien, car si le tour de l’île avec la visite des deux BIG que j’avais tracé ne faisait que 150 km, j’ai fini mon périple avec le dénivelé respectable de 4700 mètres. Cette journée à La Palma a été de loin la plus exigeante.

L’hôtel que j’avais réussi à trouver étant heureusement situé dans le premier lacet d’une route vers les hauteurs, je me retrouve le matin directement sur l’itinéraire du BIG. Mais entre Santa Cruz et le pied de la Cumbrecita se dresse la crête imposante de la Cumbre Nueva. L’itinéraire proposé par le site du BIG est le plus direct, mais il emprunte une route importante et passe par un long tunnel. Peu attiré par l’un et l’autre, je choisis de continuer un peu et de prendre une petite route plus longue mais moins fréquentée, par le village de San Isidro et un col à 1450 m (col de las Breñas pour les 100 cols).La montée vers ce col est très dure, avec de longs passages autour des 10%. A coup sûr il ne déparerait pas dans la liste des 1000 BIG, du moins par ce versant.

Le début de la descente se fait dans le paysage volcanique du Llano del Jable. Je retrouve pour quelques kilomètres la circulation en rejoignant la route du tunnel, et suis soulagé lorsque je peux tourner à droite vers le « Parque Nacional ». La montée de la Cumbrecita, au milieu de la forêt, est agréable et aisée, après ma dure montée initiale. Les six kilomètres sont rapidement avalés et me permettent de décrocher mon deuxième BIG.

En descendant de la Cumbrecita, au lieu de rejoindre la nationale, je tourne tout de suite à droite et traverse El Paso et Los Llanos par de petites rues. Je retrouve ensuite la route car elle est le seul passage pour traverser l’immense entaille du Barranco de las Angustias, qui est l’exutoire de la caldera de Taburiente, une très grande cuvette volcanique sur les bords de laquelle se trouvent les deux BIG de La Palma.

Le pont au plus bas du vallon n’est même pas à 100 mètres d’altitude et il me faut maintenant remonter jusqu’aux 2426 mètres du Roque de los Muchachos. La première étape est la remontée du rempart nord du barranco, qui mène jusqu’aux 594 mètres du Mirador del Time. Après ça, la route continue de monter graduellement pendant plusieurs kilomètres en surplomb de l’océan. Après Tinizara, je tourne à droite vers La Traviesa, ce qui me permet de me retrouver tout seul pendant 12 km sur une petite route forestière, un très bon choix à mon sens. Je retrouve la nationale pour une bonne portion en descente puis quelques kilomètres après j’arrive à l’embranchement de la route vers le sommet.
                                             
A partir de là les virages redeviennent raides, et je commence à sentir les kilomètres, et surtout les mètres gravis, depuis le matin. La progression est lente mais continue et j’arrive enfin à la dernière portion de la montée, une route en cul-de-sac qui traverse l’observatoire en direction du point culminant de La Palma. Je me distrais en regardant les nombreux instruments au milieu desquels la route serpente, dans ce dernier tronçon qui me semble interminable. Enfin j’arrive au parking du sommet, accueilli par deux corbeaux qui semblent des habitués des lieux.

Je m’étais imaginé qu’une fois en haut, il me suffirait de tourner mon guidon dans le sens de la descente pour me retrouver à La Palma en un rien de temps. Mais à la sortie de l’observatoire, la route remonte au contraire pendant un bon moment, une réjouissance que je n’avais pas prévue à mon programme et qui me contrarie quelque peu sur le moment. J’arrive enfin à la vraie descente, mais je ne suis toujours pas content. En effet, je me retrouve en fin d’après-midi du côté de l’île qui n’est plus ensoleillé et il me faut descendre très bas pour retrouver des températures qui ne soient pas trop désagréables. Je me trompe un peu en arrivant vers Santa Cruz et m’inflige une dernière petite montée superflue, mais retrouve enfin mon hôtel, heureux de ma journée. J’ai grimpé trois BIG en deux jours, il me reste maintenant quatre jours et demi pour traverser Tenerife et la Grande Canarie, je suis à peu près certain maintenant de remplir le programme initial.

Il ne fallait pas malgré tout que je rate le bateau de 5h15, mais avec deux réveils enclenchés je n’ai pas eu de problème. L’avantage d’un départ si matinal est que je me retrouve à Los Cristianos dès huit heures et demie pour attaquer la montée vers le Teide. La route s’extirpe peu à peu de la circulation côtière et offre bientôt quelques vues vers la mer. Lorsque je tourne en direction de Vilaflor la circulation s’atténue et la forêt fait son apparition. Au fur et à mesure de la montée celle-ci disparaît, le paysage se fait de plus en plus minéral et l’île de La Palma commence à apparaître. A partir de Boca Tauce, on pénètre dans une très vaste plaine volcanique, aux paysages et aux couleurs excessivement variés. La route ondule au pied du Teide et le BIG arrive au hasard d’une de ces ondulations.

Les cyclistes ne manquent pas au Teide, contrairement à La Palma et La Gomera, où j’étais à peu près le seul, et les professionnels en stage de préparation sont nombreux. Pendant que je reprenais des forces au BIG, je vois passer deux membres de l’équipe Sunweb. Un peu plus tard dans une descente, je croise quatre Astana, dont Alexey Lutsenko qui devait gagner le tour d’Oman quelques jours plus tard. J’aime à penser que c’est un peu grâce à moi.

Le trajet continue, toujours dans un paysage volcanique, jusqu’à l’observatoire qui marque la sortie de cet univers tellurique. La descente traverse une très jolie forêt de pins où ma nouvelle passion pour les 100 cols me fournit des jalons bienvenus. En continuant la descente je retrouve la civilisation et des paysages plus urbanisés. J’avais envisagé au départ de faire les deux BIG de l’île dans la journée, mais des petits pépins avec mon paquetage ainsi que des caprices de mon appareil photo me retardent régulièrement, c’est donc en début de soirée que j’arrive à San Cristobal de la Laguna, une grande ville où je n’ai pas de mal à trouver un hôtel.

Le lendemain matin, je pars vers le Pico del Inglés et la visite du massif d’Anaga. La montée est progressive à travers la vallée au nord de la ville. Après le village de Las Mercedes la pente est un peu plus soutenue sans être jamais très dure, et je me demande quand les difficultés vont arriver. Le Pico del Inglés est un cul-de-sac au bout d’une petite route d’un kilomètre de long, et je m’attends à un kilomètre difficile. Mais c’est tout le contraire, et c’est au bout d’un tronçon plutôt descendant que j’atteins mon cinquième BIG. Je comprends alors qu’il est là plus pour la qualité de ses paysages que pour la difficulté sportive, et ce petit intermède est bien agréable, après ce que j’ai vécu au Teide et au Roque de los Muchachos, et avant ce qui m’attend à la Grande Canarie.

Je me repais quelques instants de la vue, qui donne aussi bien sur le Teide derrière moi que sur les vallons qui descendent vers la mer de chaque côté. Après le BIG, le parcours continue par une petite route tranquille sur la crête de la péninsule. Les vues magnifiques vers la mer se présentent de chaque côté, pendant que je roule au cœur d’une forêt beaucoup plus variée et plus dense que dans les autres parties de l’île que j’ai pu visiter jusqu’à présent. Arrive finalement la descente vers Santa Cruz de Tenerife. Je traverse à son pied les maisons colorées de San Andrés, agglutinées sur leur colline, et avale rapidement les quelques kilomètres sur la grande route du littoral qui me séparent du port, d’où je pars vers ma dernière île, la Grande Canarie.


A la sortie du port d’Agaete, j’évite la grande route de Las Palmas en prenant la direction de Piso Firme. A Gáldar je m’arrête quelques instants au supermarché acheter de quoi tenir jusqu’au soir et j’attaque la montée vers l’intérieur de l’île. Je traverse le village de Buenavista en me disant qu’il a quelque raison de s’appeler ainsi. Plus loin, à la sortie de Fagajesto, une descente très raide, que je retrouverai le lendemain au moment où je m’y attendrai le moins, me fait perdre un peu d’altitude, et un peu avant Juncalillo, je prends à gauche un raccourci que j’avais repéré sur la carte et qui fait gagner quelques kilomètres en évitant le village.

Une petite route à droite m’amène en surplomb d’un vaste ravin. La grosse boule du radar qui marque mon but apparaît au loin sur l’autre versant, mais la profondeur de la vallée devant moi m’effraie un peu. Heureusement, la route tourne pour suivre le flanc de la montagne, et la descente vers le col, la Cruz de Tejeda, qui marque le fond du vallon n’est pas trop importante. Au col, une petite route monte en face, marquée d’un panneau « Pozo de las Nieves », ce qui est bon signe. Si le cycliste a en général à se féliciter de l’état des routes aux Canaries, cet agréable état de choses ne s’étend pas jusqu’aux plus hauts sommets de la Grande Canarie. Au contraire, le bitume est particulièrement granuleux et dégradé, jusqu’à mon arrivée au sommet. Mais ce n’est qu’un détail insignifiant alors que je suis envahi par la satisfaction d’avoir atteint mon dernier BIG et complété ainsi l’ensemble des îles Canaries.

Le bateau ne m’avait lâché que vers 13h30. La longueur de la montée combinée à mes nombreux arrêts photos fait que j’arrive au sommet alors que le soleil est déjà très bas sur l’horizon. Je me dis que je ne suis pas à quelques minutes près et me paye un coucher de soleil sur le Teide depuis le Pozo de las Nieves. Quand le soleil s’est couché, il est temps pour moi de redescendre de la montagne pour faire de même. Une défaillance de ma lampe me contraint à un arrêt non prévu pour récupérer celle de rechange au fin fond de mon paquetage, et il fait nuit noire durant ma descente vers Ingenio, par une route qui m’a l’air bien raide. Les hôtels semblant rares dans cette ville, je continue vers Agüimes où j’ai la chance de trouver à la Casa Rural La Piedra Viva une chambre à l’intérieur d’une petite cour très agréable. Un petit saut dans une supérette encore ouverte me fournit le repas du soir et quelques victuailles pour le lendemain. La vie est belle !

Mon programme de grimpée des BIG s’étant parfaitement déroulé, je dispose d’une journée entière pour compléter ma visite de la Grande Canarie. Comme la veille, je la traverse en biais, par un itinéraire légèrement plus au sud. Je commence par une bonne montée jusqu’à l’observatoire de Temisas, puis traverse un plateau pour redescendre vers Santa Lucia et un petit déjeuner bienvenu. La montée reprend vers le col de Cruz Grande. Arrivé à Ayacata, je réalise que le Roque Nubio est tout proche, et décide de monter le voir, car depuis la veille il semblait omniprésent dans mon paysage. Sans prendre le sentier qui arrive à son pied, je m’en approche suffisamment pour me dire qu’il est plus impressionnant vu de loin, alors qu’il semble flotter au-dessus des montagnes.

Je fais demi-tour, retraverse Ayacata et peu après tourne à droite en direction d’El Carrizal. Après avoir franchi un petit col, je me lance dans une longue descente qui traverse les villages d’El Toscon et d’El Carrizal. Quand j’arrive à la Mesa del Junquillo, la route plonge vers le barrage en contrebas, avec des pentes qui me font dire que j’ai bien fait de la prendre dans le sens de la descente. Pendant que j’avance prudemment, les mains serrées sur mes freins, je croise deux coureurs de l’équipe Education First qui, tout professionnels qu’ils sont, ont l’air de bien s’employer dans la montée. Mais c’est bientôt mon tour, une fois que j’ai dépassé le lac, une longue montée m’attend jusqu’au col de la Cruz de Acusa.

Je pars ensuite me balader sur la route forestière de Tamadaba, retourne vers Artenara et me dis qu’il est temps de rejoindre Agaete si je veux attraper le bateau de 18 heures. Je réalise alors que je ne suis pas si près que cela, que d’un côté ou de l’autre j’aurai quelques montées à franchir et que je ne suis pas aussi large que je le pensais jusqu’à présent. Après avoir regardé les différents chemins possibles, je décide de passer par Las Hoyas, ce qui me permet de côtoyer des lacs charmants, mais après lesquels la route remonte pendant un certain temps. Je retrouve la route principale juste avant Fagajesto et sa montée assassine que j’avais descendue la veille. Mais arrivé en haut de cette montée courte bien que rude, le plus dur est fait. Je n’ai plus qu’à me lancer à corps perdu dans une descente à peine entrecoupée par deux petites remontées que j’essaye d’avaler le plus vite possible.

Plus j’approche du port, plus je me dis que je vais réussir à attraper le bateau. J’arrive sur les quais un petit quart d’heure avant le départ, mais le temps de prendre mon billet et de monter à bord, les portes se ferment au moment où je suis en train d’amarrer mon vélo. Enfin, ce petit sprint me permet de débarquer à Santa Cruz à une heure raisonnable et je n’ai aucune peine à trouver un hôtel dans la capitale de Tenerife.
Le lendemain je n’ai à mon programme que les 100 km qui me séparent de Los Cristianos. Je prends donc le temps de savourer le petit déjeuner de l’hôtel avant de prendre la direction du sud. La route entre Santa Cruz et Los Cristianos est très tranquille et agréable. Elle serpente et ondule le long du versant sud de l’île en offrant de beaux paysages et en traversant de jolis villages. J’en profite largement en sachant que la fin de mon séjour est proche. Je me fais aborder par un cycliste du coin qui me voyant avec mes sacoches me parle aussi de ses voyages (il est allé en Norvège l’été précédent). Nous passons un moment agréable à discuter dans notre anglais respectif du voyage à vélo et tous ses à-côtés.

Los Cristianos finit par arriver. Je rejoins mon dernier hôtel, un peu malheureux que le voyage soit terminé. Le lendemain je consacre la matinée à quelques achats et à la visite de Playa de las Americas, la station balnéaire chic qui touche Los Cristianos. Je vais me promener le long de la plage, regarde évoluer les surfeurs qui sont nombreux, descends jusqu’au bord de la mer tester la température de l’eau… Mais l’heure approche où je dois reprendre l’avion. Je vais donc rendre mon vélo et reprends en taxi le chemin de l’aéroport. Là encore, comme à l’aller, tout mon barda cycliste passe les contrôles sans problème (j’appréhendais un peu le passage avec des multi-outils et autres dérive-chaînes mais tout s’est bien passé) et je me retrouve bientôt dans l’avion de Nice.

J’ai été enthousiasmé par les Canaries. J’ai trouvé la température encore plus douce que je l’imaginais. J’ai été ravi de pouvoir rouler début février en manche courte en attrapant des coups de soleil. Les paysages, bien que différents, sont aussi beaux que dans les Alpes-Maritimes et les parcours largement aussi ardus. Je retournerai très certainement dans ces îles qui sont relativement proches en avion, et où il me reste encore beaucoup d’endroits à visiter, même si les BIG sont terminés. L’appel de Madère et des Açores, qui sont pour moi encore terre inconnue, risque de reporter ce retour d’un an ou deux. Mais j’ai vraiment apprécié très fort mon séjour aux Canaries

Plus de photos : http:/cathie.charbonnier.free.fr/piwigo/index.php?/category/153

dimanche 22 juillet 2018

Alpi 4000

Une fracture de la clavicule en début d’année, de ce fait seulement deux nouveaux BIG pour moi en 2018, gravis en préambule de l’Alpi 4000. Cette longue randonnée comprenait aussi de nombreux BIG, mais que j’avais déjà tous visités.

L’Alpi 4000 est le 3ème volet du brevet Italia del Grand  Tour, qui comporte 4 épreuves étalées sur 4 ans. Après l’Italie du centre-nord (1001 Miglia) en 2016 et l’Italie du Sud (999 Miglia) en 2017, c’était au tour des Alpes à servir de toile de fond à la randonnée, avec en prime des incursions en Suisse et en France. Le parcours de 1500 km dessinait un grand 8 au départ de Bormio, en alternant des portions de haute montagne et d’autres plus variées, et se terminait de manière terrible avec l’ascension du Stelvio.

Bormio a de quoi attirer le Biggeur, puisque la station se situe à l’intersection des routes menant aux cols du Stelvio, du Gavia et du Foscagno,la Bernina et le Mortirolo étant aussi accessibles à proximité. Mais je connaissais bien ces cols ayant déjà participé trois fois à la Valtellina Extreme, un brevet qui les rassemble tous. Un peu frustré d’entreprendre un périple aussi important sans rajouter de BIG à mon palmarès, je décidais d’avancer mon départ pour avoir le temps de grimper les deux derniers qui me manquaient dans les environs, le Passo San Marco et le Val Malenco.

Le vendredi 20 juillet, je prends donc le train avec mon vélo et arrive à Bergame vers 13 heures. Avant d’attaquer les choses sérieuses, je monte dans la ville haute faire un peu de tourisme. La visite est plaisante, moins la conduite sur les galets qui pavent les rues. A la sortie de la vieille ville, une petite route serpente agréablement à flanc de colline avant de plonger inéluctablement vers la nationale. Les kilomètres suivants sont moyennement agréables, jusqu’à Zogno où commence une ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable.

Cette piste m’amène jusqu’à Piazza Brembana, en passant par San Pellegrino, là où jaillit la célèbre eau gazeuse. Deux lacets bien raides à la sortie de Mezzoldo marquent le début de la partie finale de la montée, qui se termine au milieu des alpages. Après avoir passé le col, une longue descente m’amène à Morbegno. J’y prends mon repas du soir en attendant le train de Sondrio, où je serai à pied d’œuvre pour grimper le Val Malenco le lendemain.

A Sondrio, le tonnerre avait grondé toute la nuit et le matin le temps était toujours très menaçant. La montée vers le Val Malenco est soutenue dès le départ, mais c’était la seule à mon programme ce matin. De nombreuses carrières se rencontrent tout au long de la route, mes recherches ultérieures m’ont appris que c’était une pierre appelée serpentine qui était exploitée là. Petit à petit, l’ambiance devient plus montagnarde, et la pluie s’invite finalement à 2-3 kilomètres du sommet. Dès le but atteint, je me dépêche donc de redescendre, mais la pluie est également descendue entre-temps et m’accompagne presque tout le reste du trajet. C’est donc trempé que je suis de retour à Sondrio, ce qui n’est pas grave car je n’ai plus que du train et du car pour rejoindre Bormio. Je retrouve là-bas quelques habitués du forum Super Randonneur (Pascal, Jean-Pierre, Alain et Patrice pour ne pas les nommer) pour les formalités de départ, puis direction l’hôtel pour le repas du soir et la dernière bonne nuit avant la randonnée.

Les départs étaient prévus échelonnés de 7 heures à 8 heures mais à 7 heures moins le quart l’aire de départ est déjà remplie de cyclistes. Après avoir salué Mario Zangrando, le fantastique président de l’US Bormiese et organisateur de l’événement, je m’élance vers le premier BIG du parcours, la passo Foscagno. Je l’avais toujours pris en descente, mais le versant Bormio ne présente pas de passage insurmontable, même s’il est plus long. Le col est suivi d’une courte descente et d’une courte montée vers le Passo Eira, puis un long faux plat à travers Livigno vers la Forcola, et enfin une descente qui amène vers la frontière suisse et les derniers kilomètres de la Bernina, qui ne sont pas les plus faciles.

A partir du Bernina Pass commence une descente de plus de 60 km, à peine coupée par le faux plat qui de Sankt Moritz amène au Maloja Pass (en laissant la route du Julier Pass sur la droite). Au bas de ce col, après le retour en Italie, deux autres BIG se présentent: le passo della Spluga, qui ramène en Suisse et dans la vallée du Rhin, et la petite route qui monte à Menarola. Mais d’une part ils n’étaient pas sur le parcours de la randonnée, d’autre part je les avais à mon palmarès depuis longtemps.

Au sud de Chiavenna commence une partie du parcours consacrée aux lacs. Des pistes cyclables agréables m’amènent au petit lac de Mezzolo, puis au lac de Côme que je longe par la côte ouest. La route est une nationale, il y a beaucoup de tunnels mais la plupart peuvent heureusement être contournés. A Menaggio, une bonne montée m’amène au lac de Lugano et à nouveau en Suisse. Je longe le lac jusqu’à la ville qui lui a donné son nom, puis une petite montée me fait revenir en Italie. Une jolie route qui côtoie une rivière me descend agréablement vers le lac Majeur, que je longe vers le sud jusqu’à Laveno.

A Laveno, l’organisation avait prévu la traversée du lac Majeur en bateau. J’avais déjà profité de ce transport très pratique, en allant du passo Cuvignone vers l’alpe Rossombolmo et le Mottarone, lors d’une précédente quête de BIG. Arrivé sur l’autre rive, je roule un peu dans le peloton qui s’était formé sur le bateau, jusqu’à un ravitaillement surprise, et d’autant plus agréable, sur les premières pentes de la route qui s’élève sur la rive ouest du lac d’Orta. Quelques kilomètres vallonnés m’amènent à Biella où je prends quelques heures de repos dans le stade utilisé à cet effet.

Aux premières lueurs de l’aube, je roule à travers le Canavese, une région que j’avais déjà traversée en allant vers le col du Nivolet. Le point de contrôle suivant était au palais de Veneria Reale, le Versailles turinois, que j’avais aperçu lorsque le Torino-Nice Rally m’y avait amené. Cette fois, nous avons l’honneur de pénétrer dans la cour royale pour faire tamponner nos carnets de route.

Après une dernière portion plate le long du val de Suse, commence le deuxième parcours de haute montagne de la randonnée, avec le col du Mont Cenis. Les organisateurs ont la gentillesse de nous proposer le détour par la petite route de Novalesa, qui monte beaucoup plus rudement, et sous un soleil de plomb. Après cette épreuve, une descente fait perdre une bonne partie du chemin rudement monté pour rejoindre la route normale du Mont Cenis.

C’est donc bien entamé que j’arrive à Lanslebourg. J’avais déjà lu des récits de cycliste contraints d’abandonner une épreuve car ils étaient devenus incapables d’avaler le moindre morceau de nourriture. Je m’étais toujours demandé comment une telle chose était possible, étant personnellement tourmenté en permanence par le problème inverse. Mais mon état de fatigue était tel à ce moment que je me retrouvai moi aussi confronté à ce problème. Le contrôle de Lanslebourg n’offrant pas la possibilité de dormir, je repars vers l’Iseran tout en me demandant comment je vais le franchir dans l’état où je me trouve.

Après quelques kilomètres faciles, j’arrive à Bonneval où je décide de faire une pause. Il est environ 19 heures, je m’arrête dans un restaurant où j’ai toutes les peines du monde à avaler le plat que j’ai commandé, sans parvenir à le finir. Après ça, je me dis que si je veux avoir une chance de passer le col je dois absolument me reposer. Je rentre dans un hôtel où l’hôtesse semble un peu interloquée de voir un cycliste vouloir se coucher à huit heures du soir mais me donne quand même une chambre.

Après une bonne douche et quelques heures de repos, je suis un peu requinqué et me prépare à repartir, au milieu de la nuit. Alors que je suis en train de finir de m’habiller, je vois entrer deux Italiens et leurs vélos. Persuadé qu’il s’agit de deux autres participants à la même randonnée, je suis tout heureux de leur annoncer qu’ils peuvent profiter de ma chambre le reste de la nuit. Mais après quelques instants de quiproquo, je comprends qu’ils sont en balade personnelle, qu’ils viennent de descendre l’Iseran et qu’ils ont réservé une chambre la veille. Je vous laisse calculer les probabilités pour que des cyclistes se croisent à deux heures du matin dans le hall d’un hôtel de Bonneval.

Le sommeil m’a fait du bien et je finis l’Iseran avec une aisance relative. Arrivé en haut je me couvre bien pour la descente et traverse Val d’Isère complètement endormie. Pour monter ensuite au Petit Saint-Bernard, j’avais noté qu’il fallait prendre la direction de Sainte-Foy Tarentaise, mais je me trompe et prends la direction de Sainte-Foy Tarentaise « Station ». Après quelques kilomètres sur cette route, je me rends compte de mon erreur et regarde mon GPS (il est temps) pour voir comment rattraper le parcours normal. Je trouve une petite route que je commence à descendre, mais inconsciemment pressé de retrouver le bon itinéraire, je vais trop vite, roule sans trop faire attention dans une crevasse du mauvais asphalte et me retrouve par terre. Je vois tout de suite que je n’ai rien de grave, à part quelques écorchures, mon vélo a l’air de bien se porter aussi. Si les déchirures faites à une tenue qui était déjà fatiguée avant le départ ne m’ennuient pas trop, l’état dans lequel je retrouve le beau coupe-vent Mavic tout neuf que j’avais acheté (cher) juste avant de partir me contrarie davantage (j’ai tout jeté à l’arrivée).

A la Rosière, je retrouve un groupe d’amis italiens avec qui j’avais roulé une bonne partie de la randonnée de Rome l’année précédente, mais que je suis bien incapable de suivre cette fois-ci. Après le passage du Petit Saint-Bernard et le contrôle de la Thuile commence une longue descente du Val d’Aoste, bien évidemment avec le vent de face (sinon ce n’est pas drôle). La dernière difficulté avant le retour à Biella est la montée au sanctuaire d’Oropa, haut lieu du Tour d’Italie, où nous montons à partir de Settimo Vittone par une petite route secondaire, très pentue par moments et même non goudronnée sur sa partie haute. Encore un des moments difficiles de cette randonnée.

La descente se fait facilement par la route normale. A Biella, je constate qu’il y a beaucoup moins de monde que deux jours auparavant, où j’avais eu du mal à trouver une place pour m’allonger. Les grandes montées que nous venons d’affronter ont largement étiré le peloton. J’essaye de dormir, mais au bout de quelques minutes, le sommeil ne semblant pas vouloir venir, je repars pour Pavie. J’ai la chance de trouver un groupe qui m’amène le long de cette étape toute plate. Nous roulons au milieu des rizières, et traversons de véritables nuées de moustiques. Heureusement ils ne nous font rien tant que nous roulons, mais il vaut mieux ne pas avoir envie de s’arrêter. J’arrive à Pavie vers deux heures du matin, et là je fais le bilan de mon parcours. Je réalise qu’il reste moins de 600 km avant l’arrivée, et que j’ai plus de trois jours pour les accomplir. Je commence à ce moment à envisager avec optimisme la réussite de mon périple.

Après avoir dormi à Pavie, je repars le long du Po, sur certaines portions déjà parcourues lors de la 1001 Miglia en 2016. Je me joins à trois sympathiques Italiens qui ont la gentillesse de m’accepter sur leur porte-bagages pour les trois étapes de plat suivantes qui nous amènent au lac de Garde. Le passage par Mantoue au crépuscule est un plaisir. Les organisateurs ont prévu dans le parcours un aller-retour, inutile mais que nous respectons, sur un pont en face de la ville, qui nous permet d’avoir un point de vue merveilleux sur la cité et les lacs qui l’entourent.

La journée suivante le long du lac de Garde m’offre de très jolies vues sous un soleil resplendissant. La Strada della Forra, un passage à l’intérieur d’une gorge très étroite et très profonde, est surprenante mais pas très longue. La descente après Tremosine nous fait passer sur « la plus belle piste cyclable du monde ». C’est une magnifique réalisation, accrochée à flanc de montagne et surplombant le lac de plusieurs centaines de mètres. Elle a aussi beaucoup de succès et demande donc de ne pas regarder que le paysage lorsqu’on la descend en vélo.

A la sortie de Riva del Garda, je m’arrête pour un café, qui se transforme en sieste au soleil sur un fauteuil confortable. Le vélo a du bon dans ces moments là. Mais les meilleures choses ayant toujours une fin, je reprends la route vers Arco, et son château juché en haut d’une falaise impressionnante. La montée recommence par une route en lacets, suivie d’une piste cyclable bienvenue. Un joli passage le long du lac de Molveno et une dernière montée m’amènent à Andalo. De là, je n’ai plus qu’à descendre vers Spormaggiore où je passe la dernière nuit de mon périple.

A l’aube le lendemain, je roule au milieu des pommiers du Trentin. De véritables immeubles de cageots attendent la prochaine récolte. Tout en roulant j’essaye d’évaluer le nombre de pommes : 20 pommes en largeur, 50 en longueur et 10 en hauteur, soit 10000 pommes pour un seul bac, 200 millions de pommes pour l’empilage de cageots devant mes yeux ! Voilà qui me rassure pour mes prochaines visites au marché : la pénurie de goldens n’est pas à l’ordre du jour.

Ces considérations m’amènent au début de la montée du passo delle Palade, qui est longue mais heureusement pour moi jamais très pentue. La descente me ramène dans la vallée de l’Adige, que je commence à connaître pour l’avoir parcourue en 2015 entre Pass del Fuorn, Val Martello et Gampenpass, et l’avoir descendue dans son intégralité l’année précédente lors de la Transcontinental Race. Je profite d’un généreux plat de spaghettis au dernier ravitaillement de Silandro et pars pour la dernière épreuve, et non la moindre : l’ascension du Stelvio par son versant le plus mythique, et le plus ardu.

Le Stelvio est sans doute le plus beau col d’Europe, et il est aussi une des plus exigeants. Je m’étais attendu plusieurs mois avant la randonnée à souffrir dans cette montée particulièrement dure, abordée au bout de près de 1500 km de route. Mais ce que j’ai vécu a dépassé mes craintes. Je dirai juste que j’ai dû mettre plus du double du temps habituel pour le gravir. Mais j’ai tout de même fini par arriver en haut, ouf.

Alors que nous avions été remarquablement épargnés par le mauvais temps tout le long de la randonnée, un grand coup de tonnerre retentit au moment où je sors du contrôle final au col, et c’est sous une pluie battante que je rejoins Bormio. Après une douche bien nécessaire, je passe la nuit comme je peux et me dirige au petit matin vers le bus de Tirano. J’arrive à Milan à neuf heures et demi, mais le train de onze heures est complet, et je dois attendre jusqu’à quinze heures pour pouvoir rentrer à Nice. Durant tout le temps que je passe dans la gare de Milan, je ressasse que si j’avais été muni d’un Smartphone, comme tout le monde, j’aurais peut-être eu la possibilité de réserver le premier train la veille (ce qui m’a incité à en acheter un à mon retour à Nice, qui me servira n’en doutons pas lors de mes prochains voyages).

Malgré que j’ai souffert relativement durant cette randonnée, de par ma forme moins bonne que les autres années suite à ma fracture de la clavicule, et aussi sans doute parce que je n’avais pu m’empêcher d’aller grimper des BIG juste avant le départ, je suis bien évidemment très content d’avoir réussi ce troisième volet de l’Italia del Grand Tour. J’ai hâte maintenant de retrouver la Sardaigne et la Sicile pour terminer ce brevet qui me tient tant à cœur. Rendez-vous en avril 2019.


jeudi 7 décembre 2017

Arnhem

Here again I took advantage of a football match (and even two football matches) to mix supporting and traveling for BIG. In September, we knew Nice would play in Arnhem the Thursday 7th of December, and I noticed immediately that three BIG were in the surroundings. A few weeks before this European Cup match, a League Cup one was added in Lille the week after, the 13th of December. So with a great enthusiasm, I decided to spend the 6 days between the two matches riding for BIG. It was a journey that looked memorable, as 48 BIG were in my schedule, in Netherlands, Belgium, Luxembourg, Germany and France. But, as I was preparing my trip, I couldn’t prevent myself for thinking that December in northern Europe was not the best period to do long bike rides, and well, it appeared that my fears were justified, as my program has been drastically shortened by the weather.

Anyway, I spent a lot of time designing my journey as, unlike in the mountains where the roads between BIG are generally obvious, I had to look at a lot of options to minimize the distance traveled. Finally, my program was ready: the three BIG between Arnhem and Nijmegen, then train to Maastricht. From Maastricht, I had the 7 remaining Dutch BIG before reaching Mützenich on the German border. Then I entered Belgium for 6 BIG between signal de Botrange and Stavelot, came back to Germany for two BIG, Krautscheid and Schwarzer Mann, and crossed Luxembourg riding the 13 BIG of the country. The next step was another train transfer to Aywalle and the 6 BIG between la côte de la Redoute and le Cheval de Bois, a relatively long stretch without BIG to reach Mont Saint-Walfroy and 5 other BIG up to Ry de Rome, alternating between France and Belgium, and finally the last 4 BIG along the Meuse, finishing in Huy where Lille was easily reachable by train.

The first part of the program was easily followed, as I took a train the morning in Nice and arrived at Arnhem at about 7:15 pm, having just the time to settle down and go to the stadium, the match beginning at 9 pm. My favorite team lost 1-0, but that was not important as they were already qualified for the following round of the competition. After the match we came back to town center under police escort. At this time all was quiet in Arnhem town, the hooligans were gone to bed so I came back quietly to the room I had hired.

In the morning, during breakfast, my hosts asked me what my program was for the days to come. They looked dubious about it, as they said that snow would certainly come my way. The weather issues had appeared to me while I was building my route, so I told them I was prepared to interrupt or shorten my journey at any time. Well, I wasn’t wrong, as my journey was interrupted very soon.





From Arnhem, I first took the direction of Posbank that I reached after a 11 km flat stretch under a light rain. The BIG is very modest, even though it keeps trace of the Giro d’Italia that climbed it in 2016. As I started the climb, the rain was turning into snow and the bushes around were all white. It was nothing serious though, so I came back towards Arnhem to reach the next BIG, Italiaansweg. The city center was not long to cross, and the trip continued on quiet lanes along the Lower Rhine. At this time the snow has stopped, the temperature had increased a little (from 1°C to 3°C) and I felt more optimistic. The Italiaansweg climb was soon over and I took the direction of Nijmegen for the last BIG of my ride.

I first crossed the Lower Rhine on a motorway bridge with a cycle lane aside. The weather was turning bad again at this time, with the return of the rain, but the skies looked brighter in the direction of south. Unfortunately this soon disappeared and the rain turned to snow again. I was still in the mood of continuing my trip, hurrying to finish the BIG and reach the Nijmegen station, before going to Maastricht and see how it was down there. But the snow kept on falling more and more and was totally covering the road when I reached the top of the Oude Holleweg. I had some difficulties arriving at the station, as I felt the snow under my wheels, that was smooth in the beginning, was freezing rapidly.

No need to say that once I was at the station, my bike and I all covered with snow, I didn’t think anymore of going on with the trip. I took instead the first train to Schipol station, which is served by mainline trains. It was nearly 2 pm when I was in Schipol, so I didn’t hope much being able to reach Nice the same day, but it appeared to be possible, going from Schipol to Gare du Nord in Paris, then from Gare de Lyon to Nice. Like in April, I had a night ride through Paris before climbing in my last train.

Just a little word about trains. I’ve made this entire trip in high speed trains. In the past, I’ve often had problems with my bike in such trains, but for this journey I used a very light bag (in fact a cover) that I had bought for this purpose. It allowed me to respect the trains’ regulations with a very little increase of my luggage, a very useful gear!

I was not too disappointed to finish my journey this early as I was aware from the start it was a probable eventuality. Before my trip, I was wishing very hard to encounter mild mid-December weather, but it didn’t happen that way. Anyway, I’m happy to have ridden these three BIG, I discovered a new country with Netherlands, and I climbed the snowiest of my nearly-300 BIG. All in all, a short but nice BIG hunt.